Togo : santé mentale des adolescents, une crise silencieuse

Au Togo, la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes reste un sujet largement sous-estimé. Pourtant, cette période de la vie est marquée par de profonds bouleversements psychologiques, émotionnels et sociaux. Stress scolaire, incertitudes face à l’avenir, conflits familiaux, violences ou encore pression sociale fragilisent de nombreux jeunes, souvent dans un silence quasi total.

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Chez les adolescents, les troubles les plus fréquemment observés incluent l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, le décrochage scolaire et certaines conduites à risque. Dans de nombreux contextes africains, la souffrance psychologique demeure encore perçue comme un manque de volonté, voire comme un problème spirituel. Cette perception retarde considérablement le recours à une aide professionnelle adaptée.

Les témoignages recueillis illustrent cette réalité préoccupante. « Je broie constamment du noir parce que je m’inquiète pour l’avenir. Comment vais-je m’en sortir dans ce pays et fonder une famille ? », confie Hortense, 19 ans.

Karine, 16 ans, elle doit faire face aux violences en milieu scolaire « Mes camarades se moquent sans cesse de moi et me mettent à l’écart. Lorsque j’ai parlé de ma détresse, on m’a simplement dit de prier davantage », raconte t-elle.

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« À cause de difficultés familiales, je vis avec la peur constante que mes parents cessent de m’aimer si j’échoue à l’école. Cette angoisse me pousse parfois à adopter des comportements à risque », explique Anne, 17 ans. Comme beaucoup d’autres, elle dit ne pas savoir vers qui se tourner.

Face à cette crise silencieuse, les spécialistes appellent à une mobilisation urgente. Ils recommandent notamment d’intégrer des programmes de sensibilisation à la santé mentale dans les établissements scolaires, de former les enseignants à détecter les signes de détresse psychologique, et de renforcer la présence de psychologues en milieu scolaire.

La mise en place d’espaces d’écoute accessibles, confidentiels et adaptés aux réalités locales apparaît également essentielle. Par ailleurs, lutter contre la stigmatisation liée aux troubles mentaux demeure un enjeu majeur pour favoriser la parole et l’accès aux soins.

Investir dans la santé mentale des jeunes, c’est investir dans l’avenir du pays. Briser le silence constitue ainsi la première étape vers une prise en charge efficace et inclusive.

 

Délivrance Tse 

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