AFPM-TOGO mobilise contre la désinformation genrée
L’Association des femmes professionnelles des médias du Togo (AFPM-TOGO) intensifie la sensibilisation contre la désinformation genrée. À Lomé, le 24 avril 2026, au cours d’un carrefour d’échanges, journalistes, jeunes et acteurs de la société civile ont discuté des enjeux d’une information fiable, dans le cadre de l’initiative « Femmes et médias : info vraie et communautés résilientes », soutenue par le Conseil International du Dialogue et du Partenariat (CIDP) et ses partenaires.
Au cœur des échanges : les comportements en ligne et les réponses à apporter face aux dérives observées sur les réseaux sociaux. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de promouvoir une citoyenneté numérique responsable, en mettant un accent particulier sur les enjeux liés à la désinformation genrée.
En effet, de nombreuses femmes professionnelles des médias et leaders d’opinion sont aujourd’hui la cible de campagnes de désinformation visant souvent leur vie privée. Désinformation, malinformation et mésinformation alimentent ainsi un flux constant de contenus nuisibles sur les plateformes numériques.
Face à cette situation préoccupante, l’AFPM-TOGO cible particulièrement la jeunesse, plus exposée aux dérives numériques. Le monde estudiantin constitue ainsi un public prioritaire dans cette série d’activités de sensibilisation.


« Avoir une hygiène sur les réseaux sociaux nous éloigne des dérives et de leurs conséquences parfois irréversibles », a rappelé Sylvio Combey, paneliste et spécialiste du fact-checking.
Les discussions ont également mis en lumière un paradoxe : la vérité circule, mais suscite moins d’attention que les fausses informations, souvent plus virales. Dans un contexte où certaines pratiques, intentionnelles ou non, visent à nuire à la réputation d’autrui, internet est parfois perçu comme un espace saturé d’informations non vérifiées.

« De nombreuses informations qui circulent aujourd’hui, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la sphère privée, tendent à discriminer ou à rabaisser, en particulier les femmes qui prennent la parole dans l’espace public. En tant que femmes des médias, nous avons ressenti le besoin d’expliquer ces notions au grand public : désinformation, malinformation, mésinformation, notamment sous l’angle du genre, afin de mieux encadrer l’usage des réseaux sociaux », a expliqué Élisabeth Apampa, présidente de l’AFPM-TOGO.
Les participants ont également été informés des implications juridiques liées à la diffusion de fausses informations. Selon les dispositions en vigueur, notamment l’article 497 du code pénal, diffuser, relayer ou même interagir avec une fausse information peut exposer à des poursuites judiciaires.
L’Association des Femmes Professionnelles des Médias du Togo entend poursuivre cette dynamique à travers plusieurs initiatives, dont une table ronde prévue le 8 mai 2026 avec des journalistes, la production de podcasts et une tournée médiatique, afin de renforcer la sensibilisation contre la désinformation genrée.
© Image – Institut Supérieur Don Bosco de Lomé