RAO : la protection des enfants en mobilité, une priorité régionale
La capitale togolaise accueille, les 14 et 15 mai 2026, la 21e réunion annuelle du Réseau Afrique de l’Ouest pour la protection des enfants (RAO). Cette rencontre régionale, consacrée à la protection transfrontalière des enfants et des jeunes en situation de vulnérabilité, vise à renforcer les mécanismes d’accompagnement et de prise en charge dans toute la sous-région.
En Afrique de l’Ouest, des milliers d’enfants franchissent chaque année les frontières, souvent exposés à la traite, à l’exploitation économique, aux violences, aux conflits armés, aux déplacements forcés ou encore à la migration irrégulière. La pauvreté, l’insécurité, les catastrophes climatiques et la désintégration du tissu familial figurent parmi les principaux facteurs aggravants.
Face à cette réalité, le RAO, avec l’appui du Service social international Afrique de l’Ouest, coordonne les actions des États et des organisations de la société civile afin d’assurer l’identification, la protection, la réintégration et le suivi des enfants concernés. Depuis sa création, plus de 18 000 enfants et jeunes ont bénéficié de services de protection grâce à l’engagement de plus de 1 000 acteurs étatiques et non étatiques à travers la région.
Placée sous le thème « Le RAO face aux nouveaux défis et opportunités », cette session de Lomé entend repenser les stratégies du réseau afin de renforcer sa durabilité et son efficacité dans un contexte régional marqué par de profondes mutations. Des délégations venues de l’ensemble des pays ouest-africains prennent part à ces travaux.

Mack Chilé Adodo, directeur exécutif de l’ONG Espace Fraternité et coordinateur national du RAO au Togo, rappelle la mission du réseau :
« Le Réseau Afrique de l’Ouest pour la protection de l’enfant est un mécanisme mis en place entre les différents acteurs de la protection de l’enfant afin d’offrir des services d’accompagnement aux enfants et aux jeunes en mobilité qui se retrouvent en situation de vulnérabilité. L’objectif est que ces enfants et ces jeunes puissent bénéficier d’un accompagnement partout où ils se trouvent, sans différence de traitement ni de qualité de services. La mobilité et la migration ne peuvent être interdites, que l’on soit adulte ou enfant. »
Le responsable explique également les enjeux de cette rencontre régionale :
« Nous tenons actuellement la session qui regroupe la quasi-totalité des pays d’Afrique de l’Ouest. Nous allons procéder à une revue des pairs afin d’évaluer les résultats obtenus depuis octobre 2024. Il s’agira notamment de mesurer combien d’enfants et de jeunes en mobilité ont été identifiés et combien ont bénéficié d’un accompagnement, soit pour retourner dans leur pays d’origine, soit pour être pris en charge dans le pays où ils ont été identifiés. Chaque délégation présentera ainsi les résultats enregistrés au cours de cette période. »