Médias/Togo : les femmes face au plafond de verre du pouvoir éditorial

Dans les rédactions togolaises, les femmes ne sont plus des exceptions. Elles présentent des journaux, réalisent des reportages, produisent des émissions et occupent progressivement des fonctions d’encadrement. Mais lorsqu’il s’agit d’accéder aux postes où se décident les orientations éditoriales et la stratégie des entreprises de presse, leur présence demeure limitée.

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Le paradoxe est visible. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer dans le métier, mais elles restent peu nombreuses à diriger les rédactions, les médias ou les structures professionnelles du secteur.

Selon une enquête réalisée par l’Observatoire Togolais des Médias sur la sous-représentation des femmes dans les médias togolais,les femmes représentent environ un quart des effectifs dans les médias publics comme privés. Dans le secteur public, elles constituent près de 24 % des effectifs, contre environ 26 % dans les médias privés. Une progression notable par rapport aux décennies précédentes, mais qui ne se traduit pas encore par une véritable représentation dans les lieux de décision.

« Les femmes sont présentes dans les rédactions, mais elles restent minoritaires dans le pouvoir éditorial et institutionnel », explique Élisabeth Apampa, présidente de l’Association des femmes Professionnelles des Médias du Togo (AFPM-Togo).

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Selon elle, le problème ne se situe plus seulement dans l’accès au métier. « Les écoles de journalisme forment aujourd’hui davantage de femmes. On estime qu’elles représentent environ 58 % des diplômées dans certaines promotions. Mais cette dynamique ne se retrouve pas dans les directions de publication, les directions générales ou les postes stratégiques », souligne-t-elle.Dans les rédactions togolaises, les femmes ne sont plus des exceptions. Elles présentent des journaux, réalisent des reportages, produisent des émissions et occupent progressivement des fonctions d’encadrement. Mais lorsqu’il s’agit d’accéder aux postes où se décident les orientations éditoriales et la stratégie des entreprises de presse, leur présence demeure limitée.

Le paradoxe est visible. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer dans le métier, mais elles restent peu nombreuses à diriger les rédactions, les médias ou les structures professionnelles du secteur.

Selon une enquête réalisée par l’Observatoire Togolais des Médias sur la sous-représentation des femmes dans les médias togolais,les femmes représentent environ un quart des effectifs dans les médias publics comme privés. Dans le secteur public, elles constituent près de 24 % des effectifs, contre environ 26 % dans les médias privés. Une progression notable par rapport aux décennies précédentes, mais qui ne se traduit pas encore par une véritable représentation dans les lieux de décision.

« Les femmes sont présentes dans les rédactions, mais elles restent minoritaires dans le pouvoir éditorial et institutionnel », explique Élisabeth Apampa, présidente de l’Association des femmes Professionnelles des Médias du Togo (AFPM-Togo).

Selon elle, le problème ne se situe plus seulement dans l’accès au métier. « Les écoles de journalisme forment aujourd’hui davantage de femmes. On estime qu’elles représentent environ 58 % des diplômées dans certaines promotions. Mais cette dynamique ne se retrouve pas dans les directions de publication, les directions générales ou les postes stratégiques », souligne-t-elle.

Un plafond de verre dans les rédactions

D’après l’enquête de l’OTM, elles restent largement sous-représentées dans les fonctions de responsabilité. Dans les médias publics, elles ne dépassent pas 19,2 % des postes de direction. Dans le privé, certaines structures affichent une meilleure représentation, mais avec de fortes disparités selon les organisations. 36,8% occupent des postes de responsabilités dans les médias en ligne privée au Togo.

 

Pour la présidente de l’AFPM-Togo, cette situation s’explique par plusieurs facteurs. « Même lorsque les femmes sont compétentes, expérimentées et qualifiées, elles accèdent rarement aux postes de direction. Les processus de nomination et de promotion restent encore largement dominés par les hommes », estime-t-elle.

Cette réalité dépasse les frontières togolaises. Le Global Media Monitoring Project (GMMP), une référence mondiale sur la représentation du genre dans les médias, montre qu’en 2020, les femmes représentaient environ 25 % des personnes visibles ou citées dans les contenus d’information à travers le monde.

Des obstacles qui dépassent la question des compétences

Dans les rédactions, plusieurs professionnelles évoquent encore la nécessité de « prouver davantage leur légitimité » pour accéder aux postes de commandement. Des résistances qui s’appuient parfois sur des représentations anciennes : un poste de direction serait associé à une disponibilité totale, une forte mobilité et une capacité à gérer une pression permanente.

« Le journalisme est encore perçu comme une profession difficilement compatible avec les responsabilités familiales des femmes », analyse Élisabeth Apampa.

Les contraintes organisationnelles jouent également un rôle. Horaires décalés, déplacements fréquents pour les reportages, instabilité de certains contrats. Ces réalités peuvent ralentir les carrières, particulièrement lorsque les responsabilités familiales reposent encore majoritairement sur les femmes.

À cela s’ajoute un autre facteur : l’accès aux réseaux d’influence. « Les espaces informels où se construisent les opportunités réseaux professionnels, cercles de décision, relations institutionnelles restent largement masculins », observe la responsable de l’AFPM-Togo.

Une influence directe sur les choix éditoriaux

La question de la représentation des femmes dans les directions médias ne relève pas uniquement de l’équité professionnelle. Elle touche aussi à la diversité de l’information produite.

Dans plusieurs rédactions, les sujets liés aux droits des femmes, aux violences basées sur le genre, à la santé reproductive ou aux inégalités sociales restent encore traités de manière ponctuelle, souvent lors de journées internationales consacrées à ces questions.

« Lorsqu’il y a plus d’hommes dans les instances de décision, cela influence naturellement les priorités éditoriales », estime Sandra Anthony, animatrice radio.

Pour Élisabeth Apampa, une gouvernance plus équilibrée permettrait d’élargir les angles de traitement. « La diversité dans les équipes dirigeantes apporte une diversité dans les sujets, dans les approches et dans la manière de représenter la société », affirme-t-elle.

Des politiques genre encore insuffisantes

Le Togo dispose d’une Politique Nationale d’Équité et d’Égalité de Genre (PNEEG), mais son application dans le secteur médiatique reste limitée. 76,1 % des responsables interrogés lors de l’enquête de 2023, estiment que les politiques genre ne sont pas réellement appliquées dans les médias.

Il existe encore peu de mécanismes obligatoires pour suivre les engagements en matière d’égalité ou garantir une progression équitable dans les carrières. « Le défi n’est plus seulement de permettre aux femmes d’entrer dans les médias. Il est désormais de leur permettre d’accéder au pouvoir éditorial et stratégique », a lancé Cyrille Ekoue Komlan, juriste et spécialiste des droits des femmes.

Le numérique, nouvel espace d’opportunités

Malgré ces difficultés, certains signaux sont encourageants. Les médias numériques offrent notamment de nouvelles possibilités. De plus en plus de femmes créent leurs propres plateformes, développent des projets éditoriaux et deviennent entrepreneures dans le secteur de l’information.

Pour l’AFPM-Togo, cette dynamique doit être accompagnée par des actions concrètes : programmes de mentorat, formations au leadership, mécanismes transparents de promotion et politiques internes d’égalité dans les entreprises de presse.

La question reste donc entière : comment faire en sorte que les femmes, déjà présentes au cœur de la fabrication de l’information, puissent aussi participer pleinement aux décisions qui orientent cette information ?

Pour Élisabeth Apampa, la réponse passe par une transformation profonde du secteur : « Il faut changer les mécanismes, les cultures et les pratiques qui empêchent encore les femmes d’accéder aux responsabilités. »

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Un plafond de verre dans les rédactions

D’après l’enquête de l’OTM, elles restent largement sous-représentées dans les fonctions de responsabilité. Dans les médias publics, elles ne dépassent pas 19,2 % des postes de direction. Dans le privé, certaines structures affichent une meilleure représentation, mais avec de fortes disparités selon les organisations. 36,8% occupent des postes de responsabilités dans les médias en ligne privée au Togo.

Pour la présidente de l’AFPM-Togo, cette situation s’explique par plusieurs facteurs. « Même lorsque les femmes sont compétentes, expérimentées et qualifiées, elles accèdent rarement aux postes de direction. Les processus de nomination et de promotion restent encore largement dominés par les hommes », estime-t-elle.

Cette réalité dépasse les frontières togolaises. Le Global Media Monitoring Project (GMMP), une référence mondiale sur la représentation du genre dans les médias, montre qu’en 2020, les femmes représentaient environ 25 % des personnes visibles ou citées dans les contenus d’information à travers le monde.

Des obstacles qui dépassent la question des compétences

Dans les rédactions, plusieurs professionnelles évoquent encore la nécessité de « prouver davantage leur légitimité » pour accéder aux postes de commandement. Des résistances qui s’appuient parfois sur des représentations anciennes : un poste de direction serait associé à une disponibilité totale, une forte mobilité et une capacité à gérer une pression permanente.

« Le journalisme est encore perçu comme une profession difficilement compatible avec les responsabilités familiales des femmes », analyse Élisabeth Apampa.

Les contraintes organisationnelles jouent également un rôle. Horaires décalés, déplacements fréquents pour les reportages, instabilité de certains contrats. Ces réalités peuvent ralentir les carrières, particulièrement lorsque les responsabilités familiales reposent encore majoritairement sur les femmes.

À cela s’ajoute un autre facteur : l’accès aux réseaux d’influence. « Les espaces informels où se construisent les opportunités réseaux professionnels, cercles de décision, relations institutionnelles restent largement masculins », observe la responsable de l’AFPM-Togo.

Une influence directe sur les choix éditoriaux

La question de la représentation des femmes dans les directions médias ne relève pas uniquement de l’équité professionnelle. Elle touche aussi à la diversité de l’information produite.

Dans plusieurs rédactions, les sujets liés aux droits des femmes, aux violences basées sur le genre, à la santé reproductive ou aux inégalités sociales restent encore traités de manière ponctuelle, souvent lors de journées internationales consacrées à ces questions.

« Lorsqu’il y a plus d’hommes dans les instances de décision, cela influence naturellement les priorités éditoriales », estime Sandra Anthony, animatrice radio.

Pour Élisabeth Apampa, une gouvernance plus équilibrée permettrait d’élargir les angles de traitement. « La diversité dans les équipes dirigeantes apporte une diversité dans les sujets, dans les approches et dans la manière de représenter la société », affirme-t-elle.

Des politiques genre encore insuffisantes

Le Togo dispose d’une Politique Nationale d’Équité et d’Égalité de Genre (PNEEG), mais son application dans le secteur médiatique reste limitée. 76,1 % des responsables interrogés lors de l’enquête de 2023, estiment que les politiques genre ne sont pas réellement appliquées dans les médias. 

Il existe encore peu de mécanismes obligatoires pour suivre les engagements en matière d’égalité ou garantir une progression équitable dans les carrières. « Le défi n’est plus seulement de permettre aux femmes d’entrer dans les médias. Il est désormais de leur permettre d’accéder au pouvoir éditorial et stratégique », a lancé Cyrille Ekoue Komlan, juriste et spécialiste des droits des femmes.

Le numérique, nouvel espace d’opportunités

Malgré ces difficultés, certains signaux sont encourageants. Les médias numériques offrent notamment de nouvelles possibilités. De plus en plus de femmes créent leurs propres plateformes, développent des projets éditoriaux et deviennent entrepreneures dans le secteur de l’information.

Pour l’AFPM-Togo, cette dynamique doit être accompagnée par des actions concrètes : programmes de mentorat, formations au leadership, mécanismes transparents de promotion et politiques internes d’égalité dans les entreprises de presse.

La question reste donc entière : comment faire en sorte que les femmes, déjà présentes au cœur de la fabrication de l’information, puissent aussi participer pleinement aux décisions qui orientent cette information ?

Pour Élisabeth Apampa, la réponse passe par une transformation profonde du secteur : « Il faut changer les mécanismes, les cultures et les pratiques qui empêchent encore les femmes d’accéder aux responsabilités. »   

Cette publication WanaData a été soutenue par Code for Africa et la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth, financé par le Partenariat Européen pour la Démocratie (EPD).

Copyright – Image/Africardv

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