Togo/Violences basées sur le genre : pourquoi les victimes ne portent pas plainte ?

Elles connaissent parfois la loi. Elles savent qu’elle les protège. Pourtant, de nombreuses victimes de violences basées sur le genre (VBG) renoncent encore à porter plainte. Peur du jugement, poids des normes sociales, manque de moyens ou distance avec les services de justice : les raisons du silence sont multiples.

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C’est l’un des constats ressortis des échanges des 23 et 24 septembre 2026 à Lomé, lors de la rencontre régionale multi-acteurs consacrée à l’accès des femmes au droit et à la justice, avec un accent particulier sur les violences basées sur le genre. Organisée par WiLDAF-Togo, la rencontre s’inscrit dans le cadre du projet DEZON et de son sous-projet « Appui au Leadership des Femmes et Jeunes Filles au Togo par l’Accès au Droit et à la Justice » (PALJADJ).

Le projet est financé par la coopération allemande et mis en œuvre par la GIZ, en collaboration avec le ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance.

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Des obstacles qui découragent les victimes

Selon des données de l’UNICEF citées lors de la rencontre, le nombre de cas de VBG signalés au Togo est passé de 11 110 en 2016 à 22 107 en 2024.

Pour Anne Colette Kpedji, directrice exécutive de WiLDAF-Togo, plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi certaines victimes ne vont pas jusqu’au dépôt de plainte. Elle évoque notamment « la persistance des coutumes, des normes, de la tradition », mais aussi la peur du jugement social, les lenteurs administratives, la pauvreté et l’éloignement géographique des tribunaux.

À ces obstacles s’ajoutent parfois les conséquences économiques et sociales des violences, qui peuvent rendre encore plus difficile la démarche de demander de l’aide ou d’engager une procédure.

Des recours encore mal connus

Des dispositifs existent pourtant, mais restent parfois difficiles à identifier pour les victimes. « Aujourd’hui, il y a des lignes vertes, des contacts par lesquels on peut facilement avoir des informations et savoir quelle conduite tenir », souligne Anne Colette Kpedji.

Les centres d’écoute, les communes ainsi que certains leaders traditionnels et religieux peuvent également orienter les victimes et les mettre en relation avec les services compétents.

À Lomé, les participants ont surtout insisté sur la nécessité de mieux faire connaître ces dispositifs et de renforcer les liens entre les différents acteurs. Ils prévoient notamment de travailler avec le ministère chargé de la Femme pour vulgariser le protocole de prise en charge des victimes de VBG et des cas de grossesse en milieu scolaire.

« Elles ne sont pas seules »

Pour les victimes, l’enjeu est aussi de savoir vers qui se tourner et de ne pas rester seules face aux violences. « Elles ne sont pas seules. Il y a beaucoup d’opportunités qui peuvent les aider à faire justice », rappelle Anne Colette Kpedji.

Pour signaler une violence basée sur le genre ou demander une orientation, plusieurs numéros peuvent être sollicités, notamment le 8282 et le 1111, ainsi que les services de la police, de la gendarmerie et des sapeurs-pompiers.

Copyright – Image à la une/Handicap

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