Fiscalité et douanes : l’Afrique trace sa voie à Lomé

Lomé a accueilli les 10 et 11 juillet 2025, la troisième édition du Dialogue interprofessionnel sur la fiscalité, dans un contexte où les enjeux économiques mondiaux n’ont jamais été aussi complexes. Des discussions qui porté sur le cmmerce international, ldéveloppement économique et durabilité, avec un accent particulier sur les organisations douanières et leurs rôles dans la facilitation des échanges en Afrique.

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Ce rendez-vous dépasse de loin le cadre national. Il a réunit des experts venus du Maroc, de la France, de l’Inde, du Bénin, du Cameroun et du Togo. Pendant deux jours, chercheurs, universitaires, douaniers et décideurs ont planché à Lomé sur les nouveaux équilibres économiques à bâtir pour l’Afrique.

Ce forum intervient à un moment où le commerce mondial est secoué par des mesures protectionnistes, notamment aux États-Unis, qui renforcent les barrières douanières et remettent en cause la logique d’un commerce ouvert et multilatéral.

Selon le président du comité d’organisation, Dr Kebalo, le dialogue interprofessionnel sur la fiscalité « n’a pas une vocation togolaise absolue. C’est une réflexion globale, africaine et même mondiale sur les questions de commerce et de développement ». Une vision largement partagée par les participants, qui voient dans cette rencontre une occasion unique d’aligner les ambitions africaines sur les réalités internationales.

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En Afrique, la dynamique est tout autre. L’heure est à l’intégration régionale, à travers des instruments comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’UMOA ou encore la CEDEAO. Ces espaces misent sur la levée des barrières tarifaires, la fluidité des échanges et la construction d’un marché unique, à l’échelle du continent.

Pour Médé Nicaise, vice-président du comité scientifique, ce forum « intervient à une époque où les États-Unis optent pour des politiques de barricadement, avec des droits de douane restrictifs. Une dynamique contraire à celle prônée par l’Afrique ». Il a ajouté que « les États-Unis font cavalier seul dans cette contre-dynamique. Mais il y a aussi l’Europe, la Chine, le Japon… autant d’acteurs dont il faut analyser les influences sur les échanges avec l’Afrique ».

Lomé devient ainsi le théâtre d’une réflexion stratégique : comment faire cohabiter les aspirations africaines à un commerce ouvert avec les nouveaux rapports de force économiques à l’échelle mondiale ? Comment articuler la volonté de souveraineté commerciale de l’Afrique avec les politiques de repli de certaines grandes puissances ? Comment s’adapter, sans se soumettre, à des dynamiques venues d’ailleurs ?

L’Institut de Formation Fiscale et Douanière de l’Office Togolais des Recettes (IFFD-OTR), porteur de ce colloque, s’est entouré de partenaires académiques de haut niveau tels que Normandie Business School, l’Université de Rennes 2, Paris Dauphine ou encore l’ADAF. Ensemble, ils entendent poser les bases d’un nouveau discours africain sur le commerce et la fiscalité, adapté aux réalités et aux ambitions du continent.

Au cœur des débats : le rôle des douanes. Loin d’être de simples organes de perception, elles sont désormais perçues comme des leviers majeurs pour accompagner la transformation structurelle des économies africaines. En fluidifiant les échanges, en garantissant la sécurité des circuits commerciaux et en favorisant la transparence, les administrations douanières deviennent des actrices centrales du développement économique durable.

Alors que la part de l’Afrique dans le commerce mondial reste en dessous des 3 %, et que les échanges intra-africains ne dépassent pas 17 %, ce dialogue se veut porteur de solutions concrètes. Objectif : penser une fiscalité plus adaptée, un commerce plus inclusif et une croissance véritablement endogène.

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