Guinée : droits de l’enfant en action
En Guinée, la protection des droits de l’enfant s’impose progressivement comme un horizon commun, à la croisée du droit national et des engagements internationaux. À Conakry, juristes, magistrats et acteurs sociaux saluent les avancées du Code de l’enfant adopté en 2019, considéré comme une réforme structurante.
Ce texte, inspiré notamment de la Convention internationale des droits de l’enfant et de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, reconnaît désormais l’enfant comme sujet de droit à part entière. Nom, nationalité, identité familiale et accès à l’éducation figurent parmi les garanties fondamentales inscrites dans la loi.
Mais sur le terrain, l’application reste contrastée. L’enregistrement des naissances progresse, notamment dans les centres urbains, mais demeure incomplet dans plusieurs zones rurales, en raison du manque d’infrastructures administratives et de sensibilisation. Cette situation expose encore de nombreux enfants au risque d’invisibilité juridique et d’exclusion des services sociaux de base.
Le droit de connaître ses parents, d’être élevé par eux lorsque cela est possible, ainsi que le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, guident désormais les décisions judiciaires et administratives. Toutefois, les acteurs de la protection de l’enfance soulignent les limites liées au manque de moyens, à la formation insuffisante de certains intervenants et à la faiblesse des dispositifs de suivi.

Pour les autorités publiques, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux, l’enjeu est désormais de transformer ces normes en réalité quotidienne, à travers la modernisation de l’état civil, la sensibilisation communautaire et le renforcement des services sociaux de base.
Les droits de l’enfant dessinent ainsi une ambition commune : garantir à chaque mineur une identité légale, une protection effective et un avenir pleinement reconnu, au-delà des seules dispositions juridiques.
© Image – Unicef Guinée