RDC : l’explosion silencieuse des violences sexuelles contre les enfants
La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une crise humanitaire silencieuse. Plus de 35 000 cas de viols et agressions sexuelles contre des mineurs ont été signalés entre janvier et septembre 2025, selon un rapport de l’Unicef publié fin décembre. Ce fléau, autrefois concentré dans les zones de conflit de l’Est, s’étend désormais à tout le pays, touchant toutes les provinces.
Les provinces de l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri), minées par des décennies de violences, restent les plus affectées, avec des groupes armés responsables de nombreux cas. Mais Kinshasa et le Kasaï central connaissent aussi une hausse alarmante, liée à la pauvreté extrême qui expose davantage les enfants. Les filles, représentant 82 % des survivants en 2024, sont les principales cibles, mais les garçons, enfants handicapés et déplacés internes subissent également ces violences, souvent dans le silence par crainte de la stigmatisation.
Les conséquences sont dramatiques : blessures graves, grossesses non désirées, risques de VIH et traumatismes psychologiques profonds. Pourtant, seulement 23 % des victimes ont accès à des soins en 2025, contre 48 % en 2022, en raison de la distance, du coût et du sous-financement des programmes. Les mères doivent parfois marcher des heures pour trouver un centre de santé.
L’Unicef lance un appel urgent : « Les enfants ont des droits, les enfants veulent la paix, écoutez-les et agissez. » Face à cette crise, la mobilisation de tous est indispensable pour protéger l’avenir de la RDC.

© Image/UNICEF
