FAFA ACT : femmes et jeunes au cœur de la construction d’une paix durable
La construction de la paix et le renforcement de la cohésion sociale passent aussi par une plus grande implication des femmes et des jeunes. C’est le pari de FAFA ACT, un mouvement de l’association Négresses Féministes du Togo qui associe ces deux groupes dans ses actions en faveur de la paix.
La particularité de FAFA ACT tient à ce choix. Le mouvement réunit des femmes et des jeunes afin de mieux prendre en compte leurs réalités et leurs besoins. « C’est un duo qui fait la différence avec ce que nous avons habituellement sur le terrain », explique Salamatou Korécondé, experte en genre, développement et droits humains, membre du collectif FAFA ACT.
Cette orientation s’appuie aussi sur leur poids démographique. Les femmes représentent plus de la moitié de la population togolaise, tandis que les jeunes constituent près de 60 % de la population, souligne-t-elle. Pour FAFA ACT, il est donc difficile de parler de paix sans les associer aux initiatives qui la concernent.
Un engagement qui suscite des réactions

L’engagement féministe n’est toutefois pas toujours bien accueilli. Les féministes togolaises disent faire face à des problèmes liés à la sécurité, mais aussi à des attaques et à des commentaires hostiles sur les plateformes numériques.
Pour Salamatou Korécondé, ces réactions tiennent en partie à une mauvaise compréhension du féminisme et du travail mené par le mouvement. « Ils ne comprennent pas ce que c’est que le féminisme. Ils ne savent pas de quoi nous sommes en train de parler », estime-t-elle.
FAFA ACT assure néanmoins vouloir poursuivre ses activités. Pour ses membres, leur travail rejoint notamment certaines orientations de l’État togolais et les engagements internationaux du pays. Salamatou Korécondé cite en particulier l’agenda « Jeunes, paix et sécurité », ainsi que le plan d’action national qui doit accompagner sa mise en œuvre.
Faire entendre la paix dans dix ans
FAFA ACT ne veut pas seulement mesurer ses résultats à court terme. Le mouvement souhaite que les jeunes rencontrés aujourd’hui gardent quelque chose de ces échanges dans les années à venir.
Les réseaux sociaux constituent pour cela un terrain privilégié, puisqu’ils permettent de toucher directement un public jeune. L’idée est de les aider à comprendre ce que signifie la paix, mais aussi comment la préserver et la consolider.
« Nous voulons vraiment laisser des traces au sein de notre communauté », explique Korécondé. Elle imagine déjà ce que pourrait être le résultat dans dix ans : un jeune qui, avec le recul, pourrait dire qu’il a compris la notion de paix grâce à FAFA ACT.
Pour le mouvement, cette transmission aux nouvelles générations serait l’un des signes les plus concrets de l’utilité de son action.
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