Wanep Togo : les femmes au cœur de la paix
Un imam qui tient désormais compte de l’âge des futurs mariés avant de célébrer une union : c’est l’un des changements évoqués le 4 septembre 2026 à Lomé, lors de l’atelier national de capitalisation finale du projet « Pour des agendas féministes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel solidaires pour la paix ».
Mis en œuvre par le consortium EQUIPOP-Diakonia-FAD-Institut Gorée, avec WANEP-Togo comme partenaire stratégique national et avec l’appui de l’Agence française de développement, le projet a accompagné douze organisations communautaires dans les régions des Savanes, de la Centrale, de la Maritime et du Grand Lomé. L’objectif était de donner davantage de place aux femmes et aux jeunes dans la prévention et la résolution des conflits.
« Nous sommes dans des contextes de crise, et ce sont davantage certaines catégories de populations qui en souffrent : les femmes, les jeunes, les personnes réfugiées, les personnes en situation de handicap », explique Romance Hounkpatin, chargée d’accompagnement à EQUIPOP.
Sur le terrain, plus de 390 femmes ont été accompagnées dans des activités génératrices de revenus, tandis que plus de 20 groupes d’épargne ont été créés.

« Nous avons vraiment aidé les personnes vulnérables à sortir de la vulnérabilité et à accéder à des instances de décision », précise Mariam Kassamba, chargée de projet au Club des femmes des Savanes.
Le projet a toutefois rencontré des obstacles. Parmi eux, les difficultés d’accès au financement pour les groupes non formalisés et l’accès limité à certaines zones placées en état d’urgence sécuritaire.
« Les difficultés sont surtout liées aux habitudes, aux coutumes. On dit que les habitudes ont la peau dure », résume Seyram Adiakpo, coordonnateur national de WANEP-Togo. Il souligne néanmoins le rôle des leaders religieux et traditionnels dans l’évolution de certaines pratiques.
Rafatou Ousmane, l’une des bénéficiaires, raconte ce que ces formations ont changé pour elle : « Ces formations m’ont permis de mieux connaître mes droits, de comprendre que les violences ne sont pas normales et surtout de reprendre confiance en moi. »
La rencontre a aussi permis d’échanger sur la suite à donner aux agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) au Togo.
Des partenaires du projet ont pris part à la restitution, aux côtés de bénéficiaires venues des quatre régions couvertes.
Le Togo fait partie des six pays concernés par le projet, aux côtés du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Tchad.
Épiphanie Djagni (stagiaire)